L'errance du seigle


L'ancêtre du seigle, originaire d'Asie occidentale, n'a toujours pas été reconnu avec certitude. Il semblerait qu'il soit l'une des nombreuses graminées croissant à l'état sauvage à l'est et au centre de la Turquie et de ses régions limitrophes.

Pendant longtemps, considéré comme une espèce se comportant en mauvaise herbe, récolté accidentellement sans avoir été semé, le seigle aurait migré, mélangé en petite quantité au blé.

Vers 3 000 ans à 4 000 ans avant notre ère, probablement en Anatolie, il commence à être cultivé et devient progressivement une céréale à part entière. Cependant, il n'est apprécié que dans les régions où les autres céréales poussent mal, faute d’un sol riche ou de températures clémentes.

Il paraît ensuite avoir été importé en Europe par des peuples venant du nord des Balkans. Le Seigle fut dès lors abondamment cultivé, surtout dans les régions montagneuses, et particulièrement en Allemagne et en France.

Au Moyen Âge, la nécessité de nourrir une population croissante conduira à le cultiver sur des terres jugées secondaires qui conviennent très bien au seigle. Il prend alors une grande importance en de nombreux pays, particulièrement pour les paysans, qui le consomment au quotidien et ce jusqu’au XXe siècle.

Toutefois, depuis la Seconde Guerre mondiale, partout dans le monde, y compris dans les pays où il était traditionnellement cultivé, il ne cesse de décliner au profit du blé et d’autres grains.

Illustration : « La Moisson » par Pierre Brueghel l'Ancien (1565)

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