De la paille pour des bijoux, tout un savoir-faire !


Initiée par mon père, je découvre l'univers captivant de la vannerie, depuis mon intérêt pour les fibres végétales n'a cessé.

Rapidement, je me spécialise en restauration de mobiliers, objets témoins d'un savoir-faire souvent oublié. Les antiquités me servent en quelque sorte de seconde école d'apprentissage.

Tout en continuant à affiner mes techniques, je cherche à enrichir mes connaissances, j'explore les matériaux de mon environnement, et relève avec beaucoup de plaisir les défis qu ils m'imposent.

Parmi toutes les céréales à paille, ma préférence se porte sur celle de seigle. Je suis charmée par les éclats qui jaillissent quand le soleil scintille sur les pailles en mouvement, ils semblent jouer avec la lumière. Elle devient mon quotidien.

Un jour, au sol de l'atelier, de petits rubans de paille retiennent mon attention. Pour garder en mémoire cette image, je les colle un à un sur un bout de carton et depuis je n’arrête plus. J'apprend donc complètement par hasard la marqueterie de paille. Cette technique consiste à assembler sur un support des morceaux de paille aux couleurs variées pour composer des motifs décoratifs. La patiente transformation permet de révéler sa brillance naturelle.

A l'atelier, outils en main, je plie, entortille, froisse... des fétus de paille. J'essaie de ne penser à rien, de faire le vide. Par ce processus intuitif et facile à mettre en oeuvre, je m'applique à mettre en valeur l'éclat naturel de la paille en repoussant ses limites, l' intégrer, le combiner à d'autres savoir-faire tout en conservant la méthode du placage pour consolider cette fragilité qui la caractérise. Pour épurer les idées apparues pendant ces tâtonnements, je dessine formes et croquis. Un exercice difficile. Au fil du temps et des explorations, de petits formats valorisant la lumière apparaissent : les bijoux Eclats de paille.

C'est, au plus près de la nature, sur les chemins entre Haute Lozère et Cévennes que j'ouvre mon regard à l'emploi de la paille vers ces nouveaux horizons.

Sandrine Linarès